Actualités · Événements
Événements

Bâtir l’héritage Canada–Afrique : Sam Alonge à Africa Accelerating 2026 — session complète, photos et transcription

Le fondateur de Storspay a partagé la scène avec Muraly Srinarayanathas (369 Global) et Garreth Bloor (Chambre de commerce Canada-Afrique) à Toronto le 7 octobre 2026 pour parler de ce qu’il faut pour bâtir des échanges Canada–Afrique durables — pourquoi la plomberie compte plus que le programme, le corridor de 15 milliards de dollars et la feuille de route de la première année pour les PDG canadiens. La vidéo de 37 minutes, les photographies, dix courts extraits et la transcription intégrale éditée.

Storspay32 min de lecture

Lire ce guide en English

En bref. Le 7 octobre 2026, Sam Alonge, fondateur et PDG de Storspay, a partagé la scène avec Muraly Srinarayanathas, président et cofondateur de 369 Global, pour la session 2 d’Africa Accelerating 2026 — « Bâtir l’héritage Canada–Afrique » — animée par Garreth Bloor, président de la Chambre de commerce Canada-Afrique, chez Goodmans LLP à Toronto. Ci-dessous : la session complète de 37 minutes en vidéo, les photographies, dix courts extraits et la transcription intégrale éditée en français (read in English).

Regarder la session complète sur YouTube (37 min, sous-titres en français et en anglais) →

Ce que Sam a défendu, en cinq lignes

Photographies

Sam Alonge, Garreth Bloor et Muraly Srinarayanathas sur scène à Africa Accelerating 2026, Goodmans LLP, Toronto
Sam Alonge, Garreth Bloor et Muraly Srinarayanathas sur scène à Africa Accelerating 2026, Goodmans LLP, Toronto
Sam Alonge, fondateur et PDG de Storspay, lors du panel
Sam Alonge, fondateur et PDG de Storspay, lors du panel
La salle chez Goodmans LLP pendant la session 2
La salle chez Goodmans LLP pendant la session 2
Sam Alonge défend l’approche « un marché, un partenaire, embaucher localement »
Sam Alonge défend l’approche « un marché, un partenaire, embaucher localement »
« 600 millions de dollars » — le chiffre que Sam a posé devant la salle
« 600 millions de dollars » — le chiffre que Sam a posé devant la salle
Sam Alonge après la session
Sam Alonge après la session

Dix moments de la session

De courts extraits tirés de l’enregistrement, chacun de moins d’une minute.

L’opportunité Canada–Afrique de 15 milliards de dollars
13 % de frais et des paiements qui échouent — pourquoi nous avons construit nos propres rails
Se faire payer en retour depuis l’Afrique
600 millions de dollars de transactions
Hier et aujourd’hui — comment les investisseurs voient l’Afrique
Le risque est une perception
Mesurer les missions commerciales en transactions
La feuille de route de la première année : un marché, un partenaire, embaucher localement
À quoi ressemble l’héritage dans une entreprise
« Welcome home » — le premier jour d’un immigrant au Canada

La session intégrale — transcription éditée

Légèrement éditée pour la lisibilité : hésitations et répétitions retirées, rien d’ajouté. Les horodatages renvoient à l’enregistrement YouTube. Panélistes : Garreth Bloor (animateur), président de la Chambre de commerce Canada-Afrique ; Muraly Srinarayanathas, président et cofondateur de 369 Global ; Sam Alonge, fondateur et PDG de Storspay.

00:06 Poser le cadre : l’héritage

Garreth Bloor : Le titre de ce panel est centré sur l’héritage, et si nous avons choisi cette approche en bâtissant le programme, c’est parce que l’héritage est une chose qui se mesure sur le long terme. Or il se passe tellement de choses chaque jour dans vos entreprises, trimestre après trimestre, jour après jour. La discussion d’aujourd’hui vise d’abord à passer en revue ce que vous faites, la façon dont vous transformez et accélérez la relation commerciale dont nous parlons tous ici, des plus hauts niveaux de l’État jusqu’aux grands conseils d’administration, puis à descendre au niveau de ce que cela signifie pour chacun d’entre vous.

Alors, Muraly, si vous me permettez de commencer par vous. Nous avons passé du temps ensemble lors d’un dîner VIP sur le commerce et l’investissement avec les dirigeants du gouvernement canadien à Nairobi, et vous y étiez pour lancer 3 Magazine, la plus récente des nombreuses entreprises que vous avez créées au fil de votre carrière. Pour vous présenter en quelques mots : vous avez bâti une capacité éducative considérable ici, au Canada, et vous en avez fait le socle de partenariats internationaux. Dans ce contexte, j’aimerais que vous nous expliquiez comment vous définissez votre travail au quotidien, en quoi il consiste, et à quoi cela ressemblera, en matière d’héritage, dans 30 ans, à l’image de l’organisation de 30 ans que nous sommes aujourd’hui. Muraly.

01:11 Muraly Srinarayanathas : penseurs globaux, éducation et médias

Muraly Srinarayanathas : Merci, Garreth. Merci, Sam, de m’accompagner sur ce panel, et merci à vous tous d’être présents aujourd’hui. Les conversations ont été vraiment intéressantes. J’ai beaucoup apprécié les intervenants des panels précédents et certaines de leurs réflexions.

Quand je pense à l’héritage, chez 369 Global, nous partons d’un constat : le monde est confronté à de nombreux défis mondiaux, et il faudra des penseurs globaux pour s’y attaquer. Des personnes capables de dialoguer entre les cultures et par-delà les frontières. Chez 369 Global, nous nous concentrons donc sur ces penseurs globaux. Comment concevons-nous l’éducation pour eux? Comment concevons-nous l’information, sur le plan des médias, pour eux? Et, ce qui est à mon avis le plus important, comment les mobilisons-nous, comment les encourageons-nous à relever ces défis mondiaux?

Du côté de l’éducation, comme Garreth l’a mentionné, nous nous consacrons à la formation professionnelle ici, à Toronto. Nous le faisons aussi au Kenya depuis 2023, dans les domaines de la santé et de la cybersécurité, ainsi qu’en Inde et aux Émirats arabes unis. Du côté des médias, et j’espère que beaucoup d’entre vous auront l’occasion d’en prendre un exemplaire, il y a 3 Magazine. Nous faisons de l’imprimé, du numérique, des balados et des événements.

Je crois que les intervenants précédents, et bon nombre des conversations que j’ai entendues ici, portent sur des histoires de réussite dont les gens n’ont jamais entendu parler. Et je vous invite à y réfléchir : vous connaissez peut-être quelques réussites dans votre propre secteur et dans votre propre domaine, mais connaissez-vous celles qui se produisent, en dehors de votre domaine, entre l’Afrique et le Canada? Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’information à ce sujet. Les réussites sont nombreuses, mais en entendez-vous parler? Je ne crois pas. Ce sont des liens mondiaux, des occasions mondiales, qui s’attaquent à des défis mondiaux. Et par le magazine, nous racontons ces histoires, par ces balados, par ces partenariats éducatifs. Nous bâtissons les relations qui, comme l’a dit l’un des invités du panel, vont réellement contribuer à créer ces conversations mondiales pour relever ces défis mondiaux.

03:40 Sam Alonge : le corridor de 15 milliards de dollars et le coût des frictions

Garreth Bloor : Fantastique, merci Muraly. Sam, de votre point de vue. Nous vous connaissons comme entrepreneur en série, et je dois l’avouer, quand vous nous avez écrit au sujet de votre dernière entreprise, j’ai dû vérifier que c’était bien vous, parce qu’il s’agit d’une innovation et d’une entreprise, et nous avons tenu une séance avec vous il y a tout juste deux semaines pour nos membres, qui redéfinit radicalement le paysage des solutions de paiement et de l’instantanéité. J’aimerais donc vous demander de nous expliquer ce que vous faites avec cette nouvelle entreprise, puis, en regardant la salle et en pensant aux partenaires présents, comme les banques et d’autres, comment envisagez-vous ces partenariats naturels pour les prochaines étapes?

Sam Alonge : Merci, Garreth, pour cette tribune, et c’est un plaisir d’être ici avec vous, Muraly. Chez Storspay, nous nous concentrons avant tout sur une chose : permettre aux entreprises nord-américaines de payer leurs partenaires et de recevoir des fonds de leurs partenaires, principalement dans les pays du Sud. En Afrique, c’est là que se trouve l’essentiel de notre activité aujourd’hui, mais aussi en Amérique latine et en Asie.

Avant d’expliquer pourquoi j’ai lancé cette nouvelle entreprise, je veux d’abord commencer par le niveau macroéconomique. Si on le replace dans le contexte des conversations que nous avons ici depuis quelques heures : le commerce entre le Canada et l’Afrique représente aujourd’hui environ 15 milliards de dollars par année, avec une croissance d’environ 30 % tous les cinq ans. Et nous observons un afflux considérable. Quand je suis arrivé ici, au Canada, on ne voyait pas autant d’Africains à Toronto même. Aujourd’hui, nous comptons plus de 1,3 million d’Africains au Canada.

Au plus haut niveau, la question est donc la suivante : si nous voulons faciliter le commerce, parce que la plupart des gens sont ici, et aussi parce que le Canada a lui-même besoin de diversifier ses partenaires commerciaux, sur quels rails cela va-t-il circuler? On a annoncé récemment des liaisons aériennes entre le Nigéria et le Canada, et entre Abidjan et le Canada. Mais en matière de paiements, la plupart des paiements passent encore par le système de banques correspondantes des années 1970.

On parle ici d’environ 4 % en moyenne; pour simplifier, 4 % qui se perdent en frictions : frais de banques correspondantes, frais SWIFT. Sur ces 15 milliards de dollars, cela représente environ 600 millions de dollars qu’une entreprise canadienne pourrait garder dans sa poche, et que sa contrepartie africaine pourrait garder dans la sienne, et qui ont été versés uniquement pour que des banques s’envoient des messages. Voilà le coût des frictions.

Mais le plus important, si vous sortez de la transaction économique elle-même pour regarder les choses sous l’angle du commerce : comment les entreprises canadiennes se font-elles payer en retour? C’est ça, la question. Ce que je viens de vous dire sur les 4 % : il est facile pour une entreprise canadienne de payer vers l’Afrique, et vous payez cette commission de 4 %, sans compter les frais fixes que les banques locales ici vous factureraient, et qu’elles factureraient aussi au destinataire. Mais comment est-ce que je récupère mon argent depuis l’Afrique? Dans beaucoup de pays africains, en raison de marchés illiquides, les devises sont très difficiles à se procurer. Il faut parfois une à deux semaines pour que la contrepartie vous paie en retour, et le montant qui devait arriver dans votre compte bancaire canadien est toujours amputé par les frais prélevés tout au long de la chaîne. Voilà pour le niveau macro, et voilà l’effet des frictions sur le commerce Canada-Afrique.

Sur le plan personnel, ma première entreprise, nous l’avons exploitée dans 19 pays d’Afrique. J’avais des membres d’équipe, et vous en avez rencontré certains dans cette nouvelle entreprise à Nairobi lors de votre dernier passage, et je devais les payer soit depuis le compte bancaire américain, soit depuis le compte bancaire canadien. Et c’étaient les mêmes problèmes. 4 %, et dans certains pays d’Afrique de l’Est, comme l’Éthiopie, parfois 13 % de frais perdus avant que la contrepartie ne reçoive réellement les fonds. Et parfois, les virements n’arrivent même pas. Il faut que je les refasse, et parfois même que je les annule complètement. Et cela détruit la confiance, quand un paiement doit être fait un vendredi, que vous ne l’avez pas fait, et que votre collègue en Afrique vous demande : « Où est mon argent? »

Alors pour nous, nous avons bâti Storspay en interne comme la plomberie qui permet à ces transactions d’avoir lieu. Et nous en avons maintenant fait un produit et une entreprise à part entière, pour servir aussi toutes les contreparties en Afrique qui font du commerce. Si vous payez un pigiste en Afrique, un fournisseur en Afrique, un employé, un partenaire en Afrique, vous pouvez utiliser notre plateforme et, en moins de quatre ou cinq minutes, le règlement est effectué auprès de la partie correspondante. Nous avons aujourd’hui des pigistes qui utilisent la plateforme et qui ne se donnent même plus la peine de convertir en monnaie locale. Ils détiennent des dollars américains, des livres sterling, et ils disposent d’une carte de débit adossée à ces fonds, qu’ils peuvent réellement émettre.

08:42 À quoi ressemble l’héritage dans une entreprise

Sam Alonge : Donc, pour conclure mon introduction : quand je regarde, de mon propre point de vue, ce que cela signifie à long terme, cela veut dire concrètement que si davantage d’entreprises peuvent réellement commercer, parce qu’elles peuvent effectuer un paiement instantanément, et qu’une contrepartie locale en Afrique peut utiliser cet argent pour embaucher quelqu’un d’autre la semaine suivante, ou pour acheter davantage de biens et de services à exporter vers le Canada, et que les entreprises canadiennes ne craignent plus le risque de fraude d’avoir livré une marchandise sans en recevoir le paiement, alors, par voie de conséquence, nous pouvons faire croître le commerce entre le Canada et l’Afrique. Voilà à quoi ressembleraient, de mon point de vue, l’avenir d’une réussite et un héritage.

09:24 Plaider pour l’Afrique

Garreth Bloor : Brillant. Muraly, dans la construction de cet héritage, ce que je respecte vraiment chez des personnes comme vous : il y a ceux d’entre nous qui ont un lien avec le continent, et puis il y a ceux qui regardent le monde tel qu’il est et qui disent : eh bien, c’est là que se trouve l’avenir. Comment, en tant que dirigeant, en tant que PDG d’une entreprise présente à l’échelle mondiale, réorientez-vous les efforts et plaidez-vous pour l’Afrique? Et en ce qui concerne ce récit, je sais que ce que vous cherchez à faire, ce n’est pas de changer le récit; c’est de reconnaître la réalité telle qu’elle est et d’amener les autres à prendre la mesure de cette réalité véritable. Alors expliquez-nous, parce que, et je le dis dans le contexte de nos échanges avec des PDG de banques au Canada qui, je crois, s’orientent vers ce que Zenith et d’autres savent déjà, que dites-vous au moment où nous amenons les entreprises et les équipes canadiennes à l’avant-scène de cette relation commerciale et d’investissement entre le Canada et l’Afrique?

Muraly Srinarayanathas : C’est une question facile, non? Écoutez, quand j’étais au Kenya récemment avec vous, Garreth, j’ai aussi assisté à une conférence d’affaires réunissant des propriétaires d’entreprises africaines locales ainsi que des investisseurs étrangers. Et beaucoup d’entre eux ont dit : vous arrivez dans ces pays avec une certaine perception, les gens arrivent avec ce produit ou ce service attrayant, mais avant toute chose, il faut comprendre le marché, il faut écouter et apprendre. Et tant d’entre eux ont dit qu’ils avaient eu cette idée, surtout les investisseurs étrangers qui s’étaient installés; ils avaient cette idée, mais ce n’est que cinq ans plus tard, en quelque sorte, qu’ils avaient enfin le bon produit, celui qui intéressait le marché.

Et je crois qu’il y a aussi, si vous me permettez, une fracture générationnelle. J’ai 47 ans, alors j’ai l’impression d’être quelque part au milieu. Mais je pense qu’il y a beaucoup de gens qui travaillent avec des institutions financières traditionnelles, ou ce genre d’acteurs, et puis il y a des choses comme ce que fait Sam, les paiements transfrontaliers, qui semblent aller de soi, surtout pour les nombreux travailleurs à la demande, une génération immense qui s’en empare. Et cette génération n’arrive pas à comprendre pourquoi ces grandes institutions qui ont l’argent n’avancent pas assez vite. Et je pense la même chose des innovations qui se produisent en Afrique. M-Pesa, au Kenya, est un autre exemple de produit extraordinairement innovant, et ensuite quelqu’un arrive au Canada et doit faire un virement bancaire? C’est tellement absurde. Et nous avons l’audace de demander à beaucoup de ces personnes : « Où est votre expérience canadienne? » « Où est votre expérience internationale? » Voilà ce que je répondrais.

Pour ce qui est de notre intérêt pour l’Afrique : j’ai eu le privilège et la chance, grâce au soutien dont j’ai bénéficié en grandissant au Canada, de pouvoir aussi travailler à l’étranger, et cela m’a vraiment ouvert les yeux sur l’innovation et sur ce qui se passait ailleurs. Je crois que l’Amérique du Nord se prend pour le monde entier. Et puis je suis allé dans le vrai monde et j’ai découvert les choses passionnantes qui s’y passent. L’Afrique est l’un des endroits où la population est la plus jeune, et avec les infrastructures, et parfois les occasions que créent les infrastructures, cela force l’innovation. Des innovations qui peuvent s’appliquer ici, au Canada. Et je veux en faire partie. Je veux participer à cette énergie. Je veux soutenir ces entreprises et voir ce talent. Mon premier pas a été au Kenya, et je n’ai pas été partout en Afrique; le Kenya, le Rwanda et l’Afrique du Sud sont mes expériences à ce jour, mais le talent y est absolument prodigieux. Et étant dans le domaine de l’éducation, dans les médias, je veux y être branché.

13:40 Lever des capitaux, hier et aujourd’hui

Garreth Bloor : Et félicitations d’avoir établi des racines solides, en commençant par le Kenya. C’est absolument formidable. Petite question, enfin, peut-être pas si petite, Sam. Si je peux m’écarter légèrement de l’entreprise elle-même pour aborder votre expérience du financement de cette entreprise et de la recherche d’appuis. Est-il exact de paraphraser une discussion que vous avez eue avec nous il y a environ un mois en disant que, lorsque vous vous êtes présenté devant des investisseurs en capital-risque et des investisseurs de démarrage ici, en Amérique du Nord, ils vous ont dit : « Nous adorons ce que vous faites, mais pouvez-vous le concentrer sur un marché que nous connaissons mieux? » Et évidemment, votre réponse est non, c’est ici le marché où se trouve l’avenir. Mais pouvez-vous nous raconter cette expérience, en particulier pour ceux qui cherchent à lever des capitaux, ou à en lever conjointement, pour des entreprises en Amérique du Nord, qu’il s’agisse de nouveaux entrepreneurs africains accueillis au Canada ou de personnes qui créent des filiales ici tout en restant sur le sol africain, où elles dirigent leur siège social?

Sam Alonge : Oui. La première entreprise était très en avance sur son temps en matière d’IA. Nous l’avons lancée juste à la fin de mes études aux États-Unis, il y a une dizaine d’années, et nous avons construit le premier spectromètre à IA au monde pour le contrôle de la qualité. C’est dans le cadre de la levée de fonds pour ce projet, à San Francisco, que les Américains m’ont dit : « Écoutez, nous adorons ce que vous faites. C’est très en avance sur son temps. Faites-le ici, aux États-Unis. Qu’est-ce que vous faites en Afrique? Ils n’ont pas d’argent. »

Mais pour y revenir 10 ans plus tard, avec Storspay, la conversation est légèrement différente. Il est en fait plus facile de lever des fonds aujourd’hui. J’ai pu lever du financement pour ce projet à New York, parce que l’histoire de l’Afrique est désormais plus facile à raconter aux acteurs du capital ici. Et je m’attends évidemment à ce que cela s’améliore, surtout avec l’introduction en bourse que Dangote a réalisée récemment, et la stabilité macroéconomique générale des 10 dernières années : des démocraties qui fonctionnent, des démocraties qui se renouvellent par les élections, moins de conflits généralisés sur le terrain, des émissions obligataires réussies dans plusieurs marchés souverains. Je dirais donc que, pour beaucoup d’immigrants qui se sont installés en Amérique du Nord, il est en fait plus facile de lever des capitaux aujourd’hui qu’il y a 10 ans.

Et ce processus, pour ce qui est de l’intégrité de ce processus : au bout du compte, c’est généralement la taille du marché qui compte. Pour les investisseurs nord-américains, ce n’est plus tant une question de risque de contrepartie ou de risque souverain. Je crois qu’il y a maintenant suffisamment d’information parmi le public investisseur ici, en Amérique du Nord, sur la façon de tarifer ce risque en Afrique. Donc, le plus souvent, au bout du compte, quand un investisseur en capital-risque se demande si le projet a du sens ou non, la question porte surtout sur la taille du marché. C’est le premier point.

Ensuite, la deuxième question qu’ils veulent généralement creuser, c’est votre rétention. Parce que si vous vous retrouvez avec une seule transaction à la fois, et que cette transaction prend encore 30 jours, 60 jours, ce n’est pas vraiment très intéressant d’un point de vue économique pour des investissements en capital-risque. C’est différent si vous vous adressez aux investisseurs de croissance, mais les investisseurs en capital-risque regardent davantage la croissance : à quelle vitesse pouvez-vous réellement faire croître l’entreprise pour qu’ils puissent sortir en la revendant à l’investisseur suivant? Une partie de ce qu’ils examinent, ce sont donc vos indicateurs économiques de rétention. Combien de personnes ayant effectué la première transaction effectuent la deuxième, et à quelle vitesse? Être capable de fournir au moins une partie de ces indicateurs sur un minimum de six à 12 mois, c’est généralement l’information dont ils ont besoin.

Et enfin, trouver les meilleurs accélérateurs capables de vous soutenir. Pour ma première entreprise, j’étais chez SOSV, le chef de file mondial du matériel, et avec eux, je suis allé en Chine pour construire le premier prototype du matériel. Avec Storspay, j’étais chez Techstars à New York, et nous avons obtenu que JP Morgan investisse à leurs côtés dans notre entreprise. Donc, disposer de ce réseau d’investisseurs contreparties par l’intermédiaire des accélérateurs, cela aide aussi à ouvrir des portes.

17:46 Conseils aux PDG canadiens qui s’implantent en Afrique

Garreth Bloor : Brillant, et c’est formidable à voir, rien que les 10 dernières années et les tendances que vous avez observées. Premièrement, c’est excellent pour l’héritage, mais deuxièmement, cela va à contre-courant de certaines tendances générales, alors que nous entendons des conversations, pas spécifiques à l’Afrique, sur un financement qui devient parfois plus difficile. Mais de toute évidence, ce n’est pas la direction que prend le dossier africain selon votre expérience.

Muraly, fidèle au nom de 369 Global, vous avez une vision très macro, et je sais que vous avez joué un rôle clé dans de nombreuses missions commerciales en Afrique et dans la région Asie-Pacifique. Je crois que l’approfondissement des liens commerciaux du Canada et la croissance massive et accélérée, disons, des 10 dernières années ont été remarqués par beaucoup. Mais de toute évidence, la tendance et les possibilités sont en Afrique, et vous êtes à l’avant-garde de ce mouvement. Dans une perspective d’héritage, que doivent faire les entreprises, parce que le gouvernement s’est déjà exprimé en détail là-dessus, que doivent faire les entreprises pour concrétiser cette occasion? Et quel conseil donnez-vous aux PDG qui ne sont pas venus aujourd’hui, qui sont en retard, comme nous le dirions tous, lorsqu’il s’agit d’assurer concrètement le succès et la croissance de leurs entreprises en les ancrant dans le commerce avec le continent africain?

Muraly Srinarayanathas : Pourquoi je les encouragerais à aller en Afrique? C’est bien ça?

Garreth Bloor : Oui, quelles sont les choses essentielles que vous leur dites à huis clos?

Muraly Srinarayanathas : À huis clos, dans ce forum ouvert. D’accord. Assurément, c’est la compréhension d’un engagement à long terme. Sur n’importe quel marché où vous allez, il y aura des défis. Il faut savoir pivoter, et les entrepreneurs devraient le savoir. En allant en Afrique, ou dans n’importe quel autre pays, il faut comprendre ces dynamiques. Mais si vous regardez les statistiques, la démographie, l’innovation, si vous n’êtes pas en Afrique, vous ne faites pas d’affaires à l’échelle mondiale, à mon avis. Et les jeunes talents là-bas, j’insiste encore une fois, sont innovants. Les nations parlent de cette énergie entrepreneuriale. Elle est en Afrique. Alors si vous pouvez tirer parti de ce talent, et encore une fois, écouter la façon dont nous pouvons soutenir ces innovations.

Sam a évoqué le fait que quelqu’un l’a débauché et attiré aux États-Unis. Et si je peux me permettre une telle audace, Sam a été diplomate au sujet des investisseurs nord-américains, mais le milieu canadien de l’investissement et du capital-risque est épouvantable. Épouvantable. Et je pense qu’il y a là des possibilités de croissance pour les jeunes entreprises qui font des affaires ici, au Canada, mais qui cherchent aussi à en faire en Afrique. Parce que, comme le gouvernement en parle, et comme le premier ministre Carney l’a vraiment mis de l’avant, ce à quoi j’adhère pleinement, il s’agit de tirer parti de notre diaspora et de s’appuyer sur elle pour établir ces partenariats commerciaux mondiaux. Cela nous ramène donc à l’investissement dans nos organisations de la diaspora.

Et peut-être que je suis un peu dur. Les investisseurs canadiens ont envie de le faire, mais nous devons aller beaucoup plus vite. Nous recevons des lettres d’intention concurrentielles, mais elles prennent trop de temps. Il faut aller vite. Les États-Unis vont vite. Ils sont prompts à vous soutenir financièrement, et ils recherchent les grands talents. En IA, en informatique quantique, toute la recherche et tout le talent sont au Canada, mais la commercialisation fait défaut. Je pense donc qu’il est également important de trouver les bons partenaires quand vous entrez sur ces marchés, parce qu’on ne peut pas y aller seul. Les partenaires locaux, les partenaires financiers sont, à mon avis, tout à fait essentiels. J’espère ne pas avoir été trop audacieux, Garreth.

Garreth Bloor : Non, c’est un forum Afrique-Canada. Vous avez parlé de huis clos, et nous l’avons ouvert. Je crois que le point important sur la nécessité d’aller vite est une chose que nous entendons régulièrement. J’inviterais volontiers l’un ou l’autre d’entre vous à partager quelques réflexions avec ceux qui nous rejoignent et qui cherchent à s’étendre depuis le continent africain vers l’Amérique du Nord en passant par le Canada et en y créant des filiales. Si vous avez des conseils à ce sujet; là encore, Cheryl Urban, sous-ministre adjointe, a parlé des investissements entrants que nous pouvons accueillir, et du fait que c’est une priorité urgente pour le Canada. Toute réflexion là-dessus serait la bienvenue.

22:08 Héritage, personnes et diaspora

Garreth Bloor : Mais revenons à l’héritage. Vous avez mentionné 47 ans, alors projetons-nous dans 10 ans, à l’approche de la soixantaine. Parlez-nous du travail au quotidien et de l’héritage que vous cherchez à laisser en ce qui concerne la relation Canada-Afrique, et du rôle de 369 Global pour en faire concrètement une réalité.

Muraly Srinarayanathas : Oui, je crois que le panel précédent a parlé des relations, et je vais y revenir. Écoutez, mes enfants sont métis. Ma femme est à moitié russe, à moitié ukrainienne. Ils vivent dans un monde très global, et il est essentiel pour moi, en matière d’héritage, de faire des affaires, de créer des espaces où se tiennent des conversations mondiales et où les gens sont respectés pour leurs opinions différentes.

Je pense donc que, pour nous, chez 369 Global, nous voulons continuer à tirer parti de ce talent, et nous croyons que le Canada est un chef de file dans ces conversations, étant un espace très propice avec notre politique multiculturelle et notre société multiculturelle, et les libertés de pouvoir pratiquer sa religion, exercer sa foi, vivre sa culture. Au bout du compte, je ne pense pas que ce soit… je veux dire, bien sûr, nos ressources naturelles, etc., sont importantes, mais qui sont les personnes qui prennent ces décisions? Et quand vous avez une communauté multiculturelle, des penseurs globaux qui comprennent les besoins du Nigéria et les besoins de l’Ontario, du Canada, les besoins du Kenya, les besoins du Canada, ces personnes qui sont des Canadiens d’origine kényane, des Canadiens d’origine nigériane, des Canadiens d’origine ukrainienne, c’est là que nous devrions investir : dans ces personnes. Parce que ce sont elles qui prendront les décisions capables de nous sortir réellement de certains des défis mondiaux qui sont les nôtres.

Quand je pense à l’héritage, j’espère que mes enfants diront que j’en ai fait partie. Ils ne se souviendront pas de moi avec des cheveux ou quoi que ce soit du genre, mais j’espère qu’ils se souviendront de certaines de mes actions. Il y a ce dicton : sage est celui qui plante des graines en sachant qu’il n’en goûtera pas les fruits. J’espère que les graines que je plante donneront des fruits délicieux pour eux, sur le plan de cette perspective mondiale.

Garreth Bloor : Merci beaucoup, Muraly. Et je tiens simplement à dire aux personnes dans la salle qui partagent ces visions que le fait que vous y consacriez des ressources, du temps, des déplacements et des efforts est tout simplement un témoignage de votre leadership. Alors merci.

24:58 De 15 à 30 milliards de dollars, et la feuille de route de la première année

Garreth Bloor : Sam, pour vous, à quoi cela ressemble-t-il? Y a-t-il des chiffres de PIB que vous cherchez à transformer dans cette vision plus large consistant à faciliter le financement et les paiements transfrontaliers? Qu’est-ce qui vous motive? Qu’avez-vous vendu à vos investisseurs?

Sam Alonge : Oui. Pour moi, il s’agit de m’inscrire dans la vision du gouvernement canadien. Nous avons entendu Carlos, plus tôt, parler de doubler le commerce entre le Canada et le Nigéria. Je sais aussi que Cheryl a mentionné, hier et aujourd’hui encore, que le gouvernement actuel cherche à diversifier le commerce du Canada. Et si nous nous contentions d’utiliser la fourchette basse des chiffres que Carlos a partagés, nous pourrions passer de 15 milliards de dollars aujourd’hui de commerce Canada-Afrique à 30 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années, dont une grande majorité circulerait sur notre rail. Évidemment, c’est ce que je qualifierais de grand succès du point de vue de l’héritage : pouvoir contribuer à l’objectif de mon pays de diversifier son commerce et d’accroître la place qu’occupe l’Afrique dans ce panier.

Mais pour revenir aussi à la question que vous avez posée sur ce que les entreprises canadiennes devraient faire si elles s’intéressent à l’Afrique. En général, je dirais que la première chose est vraiment de choisir un seul marché pour commencer. Même pour nous, chez Storspay, malgré mon expérience préalable avec ma première entreprise, j’ai tout de même opté pour une approche par blocs. Vous avez rencontré ma collègue à Nairobi; elle dirige notre division Afrique de l’Est. Nous avons une autre personne au Nigéria qui dirige notre Afrique anglophone en dehors de l’Afrique de l’Est, donc elle couvre tous les petits pays anglophones jusqu’à l’Afrique du Sud, ainsi que le Nigéria. Et puis nous avons quelqu’un à Dakar qui s’occupe de la zone CFA. Mais c’est parce que j’ai l’expérience du marché. Si vous êtes une entreprise canadienne qui regarde le marché pour la première fois, choisissez un seul pays. En général, vous faites ce dimensionnement de marché, vous regardez l’ampleur des flux commerciaux dans votre secteur, et vous choisissez ce marché.

Et trouvez un partenaire distributeur. Les partenaires distributeurs peuvent être de véritables distributeurs, mais ce peut aussi être des chambres, des chambres de commerce comme la Chambre de commerce Canada-Afrique, des sections sur le terrain, ou des partenaires comme, par exemple, ceux que nous avons en Côte d’Ivoire. C’était le deuxième point.

Et troisièmement, embauchez quelqu’un sur place. C’est très important, parce que les membres de l’équipe locale parlent la langue. Même si je suis d’origine africaine, combien de langues avons-nous en Afrique? Plusieurs centaines. Et la dame que vous avez rencontrée à Nairobi a pu ouvrir des portes que je n’aurais pas pu ouvrir avec l’anglais de la Reine. Elle, elle peut les ouvrir en swahili. Voilà l’importance d’avoir quelqu’un sur le terrain pour vous aider à ouvrir la voie.

Et enfin, tirez parti de la diaspora que nous avons ici, tant au niveau micro, et je parle au niveau micro pour les entreprises, qu’au niveau macro pour le gouvernement, et des représentants du gouvernement sont dans la salle. Je reviens à ce chiffre : il y a 1,3 million d’Africains au Canada aujourd’hui. Je disais hier à une dame que j’adore vendre, alors vous me trouverez, j’étais la semaine dernière au Texas avec l’Afrique de l’Est, au East Africa Board, dans divers festivals de jollof un peu partout; vous me verrez tenir le kiosque. Mais ce n’est pas seulement de la vente. C’est le fait que je recueille de l’information sur ce que font les Africains aux États-Unis et au Canada. Et je crois qu’une partie de ce commerce, les petites entreprises qui achètent un tissu local et l’apportent ici, qui font venir les aliments d’Afrique et les vendent aux communautés d’ici, une partie de ce commerce n’est peut-être pas saisie dans les statistiques officielles. Et c’est là que nos représentants gouvernementaux devraient envoyer les délégués commerciaux, pour soutenir ces petites entreprises, les faire apparaître sur le radar, puis s’appuyer sur elles comme évaluateurs de contreparties, parce qu’elles ont les réseaux sur le terrain en Afrique et qu’elles peuvent aider nos grandes entreprises ici, au Canada, à vérifier les tiers avec lesquels elles veulent faire affaire. Ce qui se passe au niveau macro, les microentreprises peuvent aussi se l’approprier de la même façon. Je terminerai là-dessus. Merci.

29:11 Le rôle de la Chambre

Garreth Bloor : Brillant. Et pour conclure, merci de m’avoir laissé vous mettre chacun sur la sellette, pour ainsi dire, sans tourner autour du pot. Mais je veux poser une question à chacun de vous, et c’est la Chambre que je mettrai cette fois sur la sellette. Dans le cadre de la construction de cet héritage, nous savons que la Chambre existe depuis 33 ans. Quel devrait être, selon vous, le rôle de la Chambre? Qu’est-ce que vous aimez, que voulez-vous voir davantage? Et en vous adressant aux autres membres, aux gouvernements qui prennent le temps d’être ici, quelle est votre demande, dans cet esprit de partenariat et de concrétisation de ces ambitions incroyablement audacieuses? Muraly, si je peux vous demander de commencer.

Muraly Srinarayanathas : J’espérais qu’il commencerait par vous. D’accord. Écoutez, je crois que beaucoup de grands conglomérats ont les ressources, ont les connaissances pour entrer sur ces marchés, et il y a beaucoup de soutien, et il doit y avoir beaucoup de soutien, avant les petites entreprises, peut-être pour les infrastructures ou ce genre de choses. Mais 90 % du PIB du Canada provient des petites et moyennes entreprises. Comment les soutenons-nous? Je suis un petit acteur qui arrive là-bas avec mes propres investissements. Je suis tellement reconnaissant que la SMA ait évoqué l’idée de réunir toutes ces organisations canadiennes dans une même salle pour que nous puissions comprendre, parce que c’est tellement compliqué. Je veux me concentrer sur la livraison de mon entreprise, de mon produit et de mon service, du mieux que je le peux, en écoutant et en apprenant. Et des deux côtés, sur le continent africain et du côté canadien, si nous pouvons soutenir les petites entreprises et ces collaborations, c’est là que l’élan et l’impact vont se produire. Il y a beaucoup d’autres parties prenantes, donc cela prend du temps, et ce sont des conversations importantes à tenir, mais je crois que si nous voulons vraiment avoir un impact, c’est là que l’attention devrait se porter.

Garreth Bloor : Brillant, merci. Pour la Chambre?

Muraly Srinarayanathas : Pour la Chambre, assurément, faire le pont entre ces conversations. Vous m’avez interrogé sur la Chambre. Juste une expérience personnelle, Garreth, et vous ne m’avez pas payé pour celle-ci, c’est ma mise en garde. Nous sommes allés au Kenya en 2023, un peu pour explorer, pour écouter et apprendre, et nous avons eu la chance d’y rencontrer des partenaires et de faire du bon travail. Mais ce récent voyage, en partenariat avec la Chambre, et en lançant vraiment notre magazine, parce que nous voulions raconter une histoire importante, nous a permis de rencontrer les bonnes personnes pour avoir les bonnes conversations, et là encore, écouter et apprendre, et comme vous le disiez, Sam, nous aligner sur ce que recherche le gouvernement canadien, obtenir ces éclairages. Parce que nous faisons vraiment des efforts. Nous ne cherchons pas à aller à contre-courant; nous cherchons à nous aligner. Mais obtenir cette information nous est vraiment utile, et la Chambre a contribué à la rendre possible pour 369 Global, ainsi qu’un événement merveilleux comme celui-ci. Alors merci à la Chambre, et merci à vous tous qui participez ici, parce que je crois que la Chambre peut avoir ces politiques et ces événements, mais encore une fois, tout se joue au niveau des personnes et des conversations que nous avons.

32:45 Le risque est une perception, mesurer les missions en transactions, et « bienvenue chez vous »

Garreth Bloor : Merci, Muraly. Sam, à vous de conclure.

Sam Alonge : Merci. Garreth, je vous connais depuis presque 10 ans maintenant. La première fois que je vous ai rencontré, c’est quand Bruce était encore président ici, et ensuite nous avons eu Sipho, Sebastian Spio-Garbrah. Alors pour ce qui est de mon avis, nous devrions d’abord commencer par vous féliciter.

Garreth Bloor : Bon, je vous promets que cette question n’était pas préparée, mais merci. J’aime bien. C’est un travail d’équipe, vraiment.

Sam Alonge : Oui, mais je parle avec le recul de quelqu’un qui a vu ce qu’était cette Chambre il y a 10 ans et ce qu’elle est aujourd’hui. La grande, grande différence, ce sont les missions que vous avez menées en Afrique, qui aident vraiment le secteur privé canadien à prendre la mesure de ce qu’est l’Afrique. Et je pense qu’une partie de ce travail : j’ai parlé de la capacité à tarifer le risque. Vous aidez à régler cela pour les entreprises canadiennes. Parce que beaucoup de choses, je crois que c’était Jacqueline, la dame de Zenith Bank qui était ici, elle a parlé de la perception du risque. Ce n’est vraiment qu’une perception. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de risque en Afrique. Il y a du risque. Mais il est exagéré hors de toute proportion si vous ne le mesurez pas sur place, si les entreprises ne quittent pas le Canada, avec notre culture de sécurité ici, pour aller sur le terrain là-bas et voir vraiment comment les gens font des affaires sur place, afin d’intégrer cela dans leurs modèles. Ces missions ont été fantastiques, et je crois que c’est une chose dont nous pouvons nous féliciter d’avoir bien fait.

Pour ce qui est de la direction que nous devrions prendre ensuite : lors de la réunion que nous avons eue avec Cheryl hier, il y a eu une question sur les indicateurs de rendement. Même question pour la Chambre. À l’aune de quoi voulons-nous mesurer ces missions? Et si je devais faire une proposition, ce serait probablement le nombre de transactions que nous parvenons à déclencher, la valeur en dollars de ces transactions, et la part de cette valeur commerciale qui revient au Canada. Je crois que ce sont des chiffres qui, si nous pouvons les transmettre au ministère de la SMA, au gouvernement, peuvent vraiment montrer que, pour le corridor Canada-Afrique, par rapport à tous les autres corridors, voici à quelle vitesse nous croissons, voici comment nous y contribuons, et voici pourquoi vous devriez donner la priorité à ce corridor plutôt qu’à d’autres. C’est ainsi que je proposerais que nous avancions. Ce n’est que ma modeste réflexion.

Et enfin, sur le plan personnel. J’ai vécu ici, à Toronto, comme je vous l’ai dit, et j’ai eu l’occasion hier soir de me promener. Je suis parti tôt parce que je voulais me balader et revoir les beaux endroits. Je sortais autrefois d’un WeWork juste ici, et je suis allé au Eaton Centre. J’aime mon pays. J’aime le Canada. Nous avons quelque chose de spécial ici, et je peux le dire parce que je vis maintenant dans un autre pays. Je donne l’exemple de mon arrivée au Canada. La personne à l’aéroport, quand vous arrivez comme immigrant, on vous remet ces documents qui vous renseignent sur le Canada. Et vous savez ce qu’il m’a dit? Il m’a dit : « Welcome home », bienvenue chez vous. Et je ne pourrai jamais l’oublier. Je ne pourrai jamais l’oublier. Et la première fois que je suis allé au Scarborough Town Centre, tout le monde me tenait la porte. Je n’avais jamais vu ça de ma vie. Alors je voulais revivre cela, parce qu’à New York, personne ne s’en soucie; on vous pousse, on vous bouscule. Et je voulais retrouver cette expérience.

C’est ça, la beauté du Canada. Je ne veux pas que nous la perdions. Parce que oui, nous pouvons viser le commerce, nous pouvons viser la commercialisation, mais nous ne devons pas perdre nos valeurs, parce que c’est ce qui nous distingue. Et je veux que les entreprises canadiennes emportent cela avec elles sur le marché. Parce que partout où je suis allé, quand on apprend que vous êtes Canadien, le respect qu’on vous témoigne est différent de celui accordé à n’importe quel autre pays. Les autres pays, nous les connaissons, ici comme de l’autre côté. Nous sommes les gentils et nous sommes les bons, et nous devons le rester. Merci.

37:03 Clôture

Garreth Bloor : Merci infiniment, Sam. Merci, Muraly. Mesdames et messieurs, ainsi se termine notre panel. Nous vous en sommes profondément, profondément reconnaissants. Merci.

Les questions que posent les lecteurs

Où regarder le panel complet d’Africa Accelerating 2026 avec Sam Alonge ?

Sur YouTube, à l’adresse https://youtu.be/Pi8VYYrxj2Y — 37 minutes, avec sous-titres en français et en anglais. La transcription éditée sur cette page suit l’enregistrement minute par minute.

Qui participait au panel ?

Sam Alonge, fondateur et PDG de Storspay ; Muraly Srinarayanathas, président et cofondateur de 369 Global ; animation par Garreth Bloor, président de la Chambre de commerce Canada-Afrique. Session 2 d’Africa Accelerating 2026, Goodmans LLP, Toronto, 7 octobre 2026.

Que fait Storspay pour les échanges Canada–Afrique ?

Storspay permet aux entreprises canadiennes et américaines de payer leurs équipes, fournisseurs et partenaires dans 19 pays d’Afrique — et de se faire payer en retour — le jour ouvrable même, à 2 % tout compris, sans que personne à l’autre bout n’ait besoin d’une application ou d’un compte. Le calculateur de la page d’accueil affiche le montant exact qui arrive pour chaque corridor.

Avec nos remerciements à la Chambre de commerce Canada-Afrique, à 369 Global et à Goodmans LLP. Photographies : avec l’aimable autorisation de la Chambre.

Voyez votre propre chiffre, corridor par corridor. Ce que votre équipe reçoit, ce que Storspay coûte, ce que vous gardez — sans inscription.

Ouvrir le calculateur →
Partager sur LinkedInPartager sur XE-mail

Autres articles

Guides

Payer la Thaïlande depuis l’étranger : 15 questions que posent les entreprises, avec les réponses

Taux, frais, délai, banques, documents, plafonds, prestataires ou salariés, frais de scolarité et factures d’hôpital, payer depuis l’Afrique, le Canada et l’Europe — les questions que posent les entreprises avant leur premier paiement en Thaïlande, en une page.

Guides

Payer les Philippines depuis l’étranger : 15 questions que posent les entreprises, avec les réponses

Taux, frais, délai, banques, documents, plafonds, prestataires ou salariés, frais de scolarité et factures d’hôpital, payer depuis l’Afrique, le Canada et l’Europe — les questions que posent les entreprises avant leur premier paiement aux Philippines, en une page.

Guides

Payer l'Indonésie depuis l’étranger : 15 questions que posent les entreprises, avec les réponses

Taux, frais, délai, banques, documents, plafonds, prestataires ou salariés, frais de scolarité et factures d’hôpital, payer depuis l’Afrique, le Canada et l’Europe — les questions que posent les entreprises avant leur premier paiement en Indonésie, en une page.